‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 198 sur 200 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

DAMIS

Pour croire à cet aveu.

Il faudroit qu'à mes yeus vous devinssiez jalouse.

LA COMTESSE

Si je letois déjà?

DAMIS

Vous ! allons, c'est un jeu.

LA COMTESSE

Non.

DAMIS

La , de bonne foi , vous le seriez un peu ?

LA COMTESSE

Oui.

DAMIS

Quel bonheur!... Faut-il qu'un autre vous épouse! Ah ! si nous avions su nous connoitre pins tôt!

LA COMTESSE

Souvent pour tout changer il ne faudroit qu'un mot.

Comment le deviner?

LA COMTESSE

Ma sœur est libre encore.

D A M I s Florville aussi.

LA COMTESSE

Sans doute, et Florville l'adore.

DAMIS

F.h ! non : c'est vous qu'il aime.

LA COMTESSE

Il l'.i feint MU moment.

Vous le croyez?

LA COMTESSE

Ma sœur, pour reprendre sa chaîne, Peut-être à votre maiu renouceroit sans peine.

Oui; son amour pour moi n'est pas très violent.

LA COMTESSE

Faudra-t-il les unir?

La question me gêne.

Eh bien?

Voyez.

LA COMTESSE

Parlez.

Je prononce eu tremblant :

Eu réglant leurs destins nous décidons des nôtres. Pour son propre intérêt mon cœur est alarmé; Mais je veux m'oubiier pour le bonheur des autres: Vous aimez votre sœur, Florville eu est aimé. Je lui remets ses droits.

LA COMTESSE, lui présentant Sa main.

Et je vous rends les vôtres.

DAMIS

Ah! d'uu pareil bienfait je connois tout le prix : Me pardonnerez- vous le détour que j'ai pris? Déguisant à vos yeux cette ardeur qui mentlamme,

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