SCÈNE VII
ORPHANIS, ISSA.
ORPHANIS.
O ciel ! que cet accueil m'accable et m'épouvante !
Il se tait, il me fuit, et mon ame tremblante...
Que dis-je? Moi, trembler! et contre un foible écueil.
Voir périr mon espoir et briser mon orgueil !...
La foudre gronde : eh bien ! faisons tête à l'orage :
Opposons au destin le plus ferme courage;
Et sans perdre le temps en frivoles discours.
Volons. Toi, chère Issa, seconde-moi : va, cours;
Informe-toi de tout, et viens tout me redire...
Mais non : à mes projets je veux seule suffire.
Par moi-même il vaut mieux tout entendre, tout voir.
Oui , je veux que, toujours soumis à mou pouvoir,
Daus mes pièges lui-même il vienne enfin se rendre.
Pour obtenir le trône osons tout entreprendre;
Et sachons avec art employer tout-â-tour
Les larmes, la fureur, l'artifice, et l'amour.