‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 23 sur 200 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

OnPHANIS, ARCÈS, ISSA.

ORPHANIS.

Ou dit , et ce rapport me semble assez fidèle ,

Que le fier Sésostris, désapprouvant nos feux,

Vous réserve, seigneur, à de plus nobles nœuds;

Que ma présence ici lui devient importune.

Je ne sais point lutter contre mon infortune :

Le sort, qui me poursuit, m'apprit à tout souffrir.

Non, seigneur, je n'ai point de sceptre à vous offrir;

Mon front n'est point orné d'un brillant diadème.

Hélas ! mon foible cœur a cru , d'après vous-même ,

Qu'il suffisoit d'aimer pour mériter vos feux.

Il est vrai que vos soins nobles et généreux

Ont daigné quelquefois rechercher ma misère.

Vous changez... Je n'ai point de reproche à vous faire.

Vous ne m'entendrez point, dans ces tristes moments.

Alléguer contre vous ma flamme et vos serments.

Vous me quittez : du moins , prince , laissez-moi croire

Que l'amour a loug-temps disputé la victoire ;

Que, lorsqu'un si grand cœur peut manquer à sa foi,

Il ne fait qu'obéir aux volontés du roi.

Mais, seigneur, si jamais Orphanis vous fut chère,

Pour unique faveur, qui sera la dernière ,

Souffrez que, loin de vous, j'aille au fond des déserts

Pleurer ma destinée et le bien que je perds.

Page 1