SCÈNE VI
ARCÈS, ORPHANIS, ISSA.
ARCÈS.
J'ai peine à concevoir ce que je viens d'entendre. Quoi! dans le même instant où l'amour le plus tendre Pour jamais à vos pieds vous rapporte ma toi, .l'appremls que vous brûlez de vivre loin de moi.
43 OllPHANl.S.
Ah! de grâce , madame , au moins daignez m instruire
Si vous avez pensé ce que l'on vous fait dire.
ORPHANIS.
Il n'est que trop certain : je pars; et mon devoir, Pour la dernière fois, me permet de vous voir.
ARCÈS.
Je demeure interdit, et mon ame étonnée N'espéroit pas vous voir si bien déterminée. Après le sort affreux dcmt j'éprouve les coups, 11 ne me restoit plus qu'à l'apprendre de vous. 'J"rouverai-je par-tout la même résistance ? Quoi! vous qui devriez soutenir ma constance, C'est vous qui vous plaisez à me persécuter!
ORPHANIS.
Ne m'avez-vous pas dit qu il falloit nous quitter?
ARCÈS.
Falloit-il sans combattre au même instant vous rendre? Avec nos ennemis falloit-il vous entendre? Ah ! jamais, non, jamais, vous ne sûtes aimer.
Qu'ai-je fait? j'obéis; pouvez- vous men blâmer?
ARCÈS.
.Si je vous étois cher, auriez-vous pu, cruelle. Presser l'instant suivi d'une 2d)seuce éternelle? Hélas ! si vous saviez quel ascendant vainqueur. Quel empire l'amour vous donne sur mon cœur. Ce qu'il m'en a coûte de tourments et de larmes Pour m'être un seul instant séparé de vos charmes , l'ourriez-vous me payer d'un si foible retour? Quand je brûlois pour \ous du plus ardent amour,