ACTE m, SCENE VI
J'es|»érois vous trouver un cœur moins inflexible. J'avois tant de plaisir à vous croire sensible ! Pourquoi ine détromper?
ORPHANIS.
Hélas ! |)ensez-vous bien Que, s'il faut nous quitter, il ne m'en coûte rien? Croyez-vous que souvent, dévorant ses alarmes, Orplianis en secret n'ait point versé de larmes? Quand j'ose envisager cet instant douloureux Qui doit, sans nul espoir, nous séparer tous deux. Mon cœur, en condamnant ma démarche indiscrète. Revole tout entier vers le bien qu'il regrette. Mais nous devons songer que le destin cruel Vient de mettre à nos feux un obstacle éternel. Pour la dernière fois revoyez votre amante.
AR^CÈS.
Non, ne vous flattez pas que jamais j'y consente. L'univers conjuré ne peut m'intimider.
Je ne veux que vous seule, et pour vous posséder Je n'épargnerai rien : l'état, le roi lui-même, Je pourrai tout braver, et c'est ainsi que j'aime.
o u p n A N 1 s , avec tendresse.
Cher prince !