SCENE
DRPHAMS, ISS A.
Eh (juoi, belle Orphanis, ïhébe au repos livrée, Des premiers feux tlu jour est à peine éclairée, Tout dort dans ce palais , et vos yeux sont ouverts ! Arcès a-t-il en Crète essuyé des revers? Ce prince est-il vaincu?
ORPHANIS.
Chère Issa, je l'iyuoie. Arcès après vingt jours ne paroit pas encore. J'espère... je crains tout. Oui, la mer eu fureur N'est qu'un foible tableau du trouble de mon cœur; Et tu veux, en ces maux , tu veux que je repose '.
ISSA
.Sans doute les dangers où sa valeur l'expose , Son absence, un combat dont le sort est douteux , \'ous font craindre à-la-fois pour ses jours et vos feux ,
8 ORPHANIS.
Mais loin de vous former une image cruelle ,
Songez au sort brillant où l'amour vous appelle.
Tout vous rit : le destin ne présente à vos vœux
Que l'aspect séduisant d'un avenir heureux.
Sésostris vous chérit et vous tient lieu de père.
Arcès, en qui le roi voit le fils de son frère.
Au rang de Sésostris ne veut monter un jour
Que dans l'espoir d'offrir un trône à votre amour.
Et quand il vit pour vous et vous garde un cœur tendre.
Quel bien plus fortuné pouvez-vous en attendre?
ORPHANIS.
s'il triomphe, le trône; et s'il périt, la mort. Sa chute ou son succès va décider mon sort.
ISSA
Puisqu'il combat pour vous , espérez la victoire. Bientôt, n'en doutez pas, Arcès couvert de gloire, Des perfides Cretois heureux tromphateur. Viendra mettre à vos pieds le prix de sa valeur.
Eh ! que ne vient-il donc lui-même me l'apprendre ! Qu'à mon empressement il tarde de se rendre ! Je languis, je succombe...
ISSA
Ah! qu'il seroit heureux, S'il voyoit le retour dont vous payez ses feux !
ORPHANIS.
Je ne m'en défends pas. Sa tendresse m'est chère. Il est jeune, vaillant, impétueux, sincère, Et, prêt à vaincre tout pour me prouver sa foi, Il met tout son bonheur à régner avec moi.