‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 59 sur 200 · ACTE 1, SCÈNE III. 8i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE III. 8i

Et je gagerois bien , s'il a quelque secret, Qu'il vous eu a fait confidence.

Il le doit du moins.

F R G N T I N , ({un air indiffèrent.

En ce cas, Il faut croire qu'il n'en a pas, (à part.) Car il ne m'a rien dit. Il me cherche.

LE CHEVALIER, à pnr<.

Il m'évite.

F R 0 NTI N , dun air pénétré.

Ah! monsieur, il n'est plus, ce temps passé trop vite. Où les maîtres moins fiers, plus sages, plus humeiins. Nous venoient confier leurs i)lus secrets desseins. Dans leurs plus graves entreprises D'amour, d'hymen, de tout absolument, Pas un mot au valet. Vraiment, Je ne m'étonne plus s'ils font tant de sottises! Pour le conseil on nous a cassés tous :

Hors les moments où l'on nous gronde, On ne songe pas plus à nous Que si nous n'étions pas au monde.

Le service autrefois de tant d'honneur suivi

Est bien tombé ! C'est à n'y rien connoître. Quelle pitié ! maintenant chaque maître Ne prend des serviteurs que pour être servi. Des valets confidents? on n'en voit plus paroître; Il ne s'en fait plus ici-bas.

LE CHEVALIER

oh ! moi , j'en vois encor.

FRONTIN

Moi , je n'en connois pas.

(à part.) Il s'avance.

LE CHEVALIER

(à part.) (haut.)

Il recule. Oh! çà, mon cher, écoute :

Entre nous, comment va son cœur?

FRONTIN

De qui, monsieur?

LE CHEVALIER

De ton maître. Sans doute Il la voit souvent?

FRONTIN

Qui, monsieur?

LE CHEVALIER

Parbleu ! cette aimable personne.

Je ue vous entends point. Monsieur en connoît tant... LE CHEVALIER, s' approchant de l'oreille de Frontin.

Sa maîtresse. Hem ! cela s'entend?

FRONTIN, reculant deux pas.

Ah ! monsieur !

LE CHEVALIER

Quoi! cela t'étonne?

Quel mal vois-tu donc à cela ?

FRONTIN

O ciel ! que me dites-vous là?

Comment ! monsieur pourroit vivre en mari coupable, Possédant une épouse honnête, douce , affable ,

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