‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 60 sur 200 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

Qui n'a nul défaut, nul travers ; Une femme , en un mot , qui dans tout l'univers N'aime cpie lui, ne voit que lui d'aimable? Non , monsieur, non , cela n'est pas croyable ; Et si la chose étoit réellement , Sans un chagrin mortel je ne pourrois l'apprendre.

LE CHEVALIER

Allons , tu ne sais rien , soit. Dis-moi seulement , Ton maître... à ton insu, va-t-il assidûment'...

FRONTIN

Fort bien , je commence à comprendre;

Cet entretien pour vous n'est qu'un amusement.

Être gai, je le sais, est votre affaire unique;

Mais j'en ai d'autres, moi : si je les différois , Auprès de vous , à coup sûr, je perdrois Ce beau renom de parfait domestique :

Je veux le conserver. Pardon, monsieur, pardon.

SCÈISE IV.

LE CHEVALIER

Le coquin est impénétrable, Et cependant la comtesse d'Orson Se désole , est inconsolable.

Son cœur auprès de moi se déguisoit eu vain; Hier j'en arrachai l'aveu de son chagrin.

Cesser de plaire étoit trop peu pour elle; Il faut que son injuste époux Joigne à l'affront d'être infidèle

Le travers d'être encor jaloux.

Cet assemblage-là n'est que trop en usage ;

Plus d'uu époux, en promenant ses vœux. Au dehors est amant volage.

Au dedans mari soupçonneux.

D'uu cœur qu'on a quitté l'on veut être encor maître :

Il est de faux jaloux, j'en trouve chaque jour; Et l'amour-propre fait peut-être Autant de tyrans que l'amour.

La comtesse, quoiqu'un peu fière...

La voici.

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