‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 68 sur 200 · ACTE I, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI

Le code entier de ma philosophie Se renferme dans ce seul point.

Pourquoi donc s'affliger tant que le plaisir dure? Avant que l'ennui vienne, à quoi bon s'ennuyer? Dois-je prendre au mois d'août le manchon , la fourure , Parcequ'il doit geler au milieu de janvier?

Au gré du temps je m'amuse ou m'ennuie ; Comme il vient, je le prends; quand la goutte me tient. Je ne fais pas le fier, je crie; Je ris d'autant quand ma santé revient. Mais peut-être , ma nièce , avec mon bavardage ,

Je radote? hem? n'est-ce pas? mes amis, C'est le lot des vieillards , c'est un fruit de mon âge.

LE CHEVALIER

Monsieur, si l'on radote en tenant ce langage. Nulle sagesse, à mon avis , Ne vaut un pareil radotage.

LA COMTESSE

Pardon, messieurs, je vous quitte un instant. D'Elcour, je vais parler à ma sœur qui m'attend : Elle a quelque chose à m'apprendre; Et les secrets qu'on va me confier.

J'aurai peut-être à vous les rendre.

LE MARQUIS

Allez, allez.

Page 1