‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 71 sur 200 · LE CHEVALIER, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, LE MARQUIS

LE MARQUIS

D'Orson, à ce que j'aperçoi, Vous chérit tendrement.

LE CHEVALIER

Nulle amitié, je croi.

Ne peut l'emporter sur la nôtre; Et nous boudons toujours : souvent. Dieu sait pourquoi ! Nous ne pouvons, le comte et moi.

Ni vivre en paix, ni vivre l'un sans l'autre. Ce qui , par exemple , est pour nous La cause d'un débat toujours prêt à renaître. C'est son caractère jaloux.

LE MARQUIS

Jaloux? oh ! tant qu'il peut.

Et plus qu'on ne doit l'être:

Car la comtesse enfin doit à peine endurer Cette ennuyeuse frénésie.

LE MARQUIS

Eh! non, non: les amants, j'ose vous l'assurer,

loo LE JALOUX SANS AMOUR.

Se plaigneut de la jalousie,

Et sont ravis de l'inspirer.

Lorsqu'un jaloux déplaît, c'est qu'on est sans tendresse; Mais un jaloux qu'on aime afflige rarement.

Pour mon neveu , je le confesse, Du privilège il use largement.

LE CHEVALINE

Mais, qu'est-il devenu? J'ai cru qu'en ce moment Il nous suivoit.

LE MARQUIS, après avoir rêvé.

Ah! la bonne folie!

Ma nièce alloit écrire un mot à son amie; J'oserois gager hardiment Qu'il est parti sans nous rien dire , Pour épier ce qu'elle alloit écrire.

LE CHEVALIER

Il en est capable , entre nous.

LE MARQUIS

Avez-vous aperçu presqu'un air de courroux Sitôt qu'elle a parlé de billet?

Ce langage, Sans doute, dans son cœur, a réveillé l'image De toutes les horreurs qu'enferme un billet doux. Il entre...

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