LE CHEVALIER, LE MARQUIS, LE COMTE
LE MARQUIS
Il a l'air pensif.
LE CHEVALIER
Sa figure A, ce me semble, un peu d'humeur.
[au comte.) Qui peut t'avoir donné, comte, cet air rêveur? Seroit-ce encor ton aventure?
LE MARQUIS
Une aventure? Et peut-on Ja savoir?
LE COMTE, avec un rire forcé.
Elle est... fort plaisante.
LE CHEVALIER
A te voir.
On ne la croiroit pas plaisante, je te jure.
LE COMTE
Hier au soir, est arrivé d'Erbon.
Tout en entrant il a bien vite Demandé madame d'Orson , A qui, pour une affaire , il falsoit sa visite. Je l'ai voulu mener chez elle prompteinent ,
Voyant qu'il ne pouvoit l'attendre ; Et quelqu'un a couru vers son appartement L'avertir que j'allois m'y rendre.
Nous montons donc assez vite et sans bruit.
LE CHEVALIER
Bon ! ceci sent un peu l'aventure de nuit; Le récit encor m'intéresse.
LE COMTE
A peine arrivons-nous , sur-le-champ la comtesse Se lève , accourt , s'avance à travers une pièce, Éclairée... assez foiblement.
LE MARQUIS
Eh bien?
LE COMTE
Oh! c'est ici... que commence la scène... Elle couroit... l'on ne voyoit qu'à peine... Et... par méprise apparemment...
Dans les bras de d'Erbon. . .
LE MARQUIS
Eh bien ?
LE COMTE
Elle se jette.
Vous voilà, mon ami, dit-elle, tendrement!... Et jusqu'à mon oreille arrive promptement Un bruit qui soudain se répète...
LE MARQUIS
Comme tu disois bien, l'aventure est vraiment Plaisante. LE CH Ev ALIER, riant aux éclats.
Oh ! rien n'est plus comique.
LE COMTE, le regardant d un air de courroux, puis se remettant.
Vous sentez que ]iour moi je n'ai témoigné rien Qui pût...