SCÈNE V
MADEMOISELLE d'ORSON, LE CHEVALIER.
LE CHEVALIER, seul.
J'aime et je hais son enjouement.
( haut. ) Mademoiselle, ah ! de grâce, un moment. V'ous me fuyez?
.m11« d'or son.
Moi? non. Je fuis un tète-à-téte ; Car, si 1 on m'a dit vrai, c'est un mal que cela.
LE CHEVALIER
c'est selon la personne ; et ces libertés-là Deviennent un plaisir honnête , Et très permis au terme où nous voilà. Mlle d'orson.
Il est vrai qu'on me dit sans cesse De voir en vous un époux.
LE CHEVALIER
Et ces mots Vous causent-ils de la tristesse?
M^e DORSON.
Rien ne m'attriste , moi.
LE CH E V A L I E R , à part.
Toujours mêmes propos.
iio LE JALOUX SANS AMOUR.
( haut. ) Mais est-ce sans regret que votre cœur s'engage? m'Ic d'orson.
Je ne peux pas savoir auparavant
Si j'aimerai le mariage; Mais je sais bien que je hais le couvent.
LE CHEVALIER
( à part ) Fort bien. Plus d une fiile , aux autels amenée , N'a pas d'autre amour dans le cœur; Du couvent ainsi la laideur Embellit souvent l'hyménée.
( haut. ) Mais u'entrevoyez-vous ici d'autre bonheur Que de trouver une chaîne nouvelle?
Le mariage en soi n'est rien, mademoiselle; C'est l'époux, non l'hymen, qui plaît ou qui déplaît. Quand on hait le mari , le mariage est laid. Or, dites-moi donc, je vous prie, Avez-vous du penchant à m'aimer en effet? Mlle d'orson.
Il le faut bien, puisque l'on nous marie.
LE CHE\ ALIER, à part.
Il îe faut bien est galant tout-à-fait.
( haut. ) Mais c'est par goût, non par obéissance , Qu'on doit aimer.
Mlle U'OBSON.
J'aime par goût aussi , Car depuis que je suis ici ,