ACTE II, SCENE V. ii
Vous me voyez toujours chercher votre présence; Je m'amuse avec vous beaucoup.
LE CHEVALIER, à /)art.
Nous y voilà; Elle s'amuse. Avec ces discours-là.
Ensemble elle me charme et me met en colère. ( liaut. ) C'est que si j'allois vous déplaire.
Ma maison deviendroit pour moi Un vrai couvent; et le couvent, ma foi. Non plus qu'à vous ne me plaît guère
M'ie DORSON.
Oh! du mien votre cœur sera toujours content; Car je vous aimerai toujours autant.
LE CHEVALIER, à ;)rtrt.
Autant!
mUê d'orson.
Mais promettez qu'aussi rieu ne pourra détruire
Notre enjouement, nous donner l'air boudeur; Vous ue changerez point d'humeur.
Et vous me ferez toujours rire.
LE CHEVALIER, àpart.
Ail ! bon, je la ferai rire.
m"c d'orson.
Oui; c'est que je voi Que chaque jour vous riez moins que moi.
LE CHEVALIER , àpnrt.
Elle a , ma foi, raison; je ris moins qu'elle.
( haut. ) >\' craignez rien; pour vous nous rirons tous.
Vous ne vieillirez pas pour moi, mademoiselle;
J'aime mieux rajeunir pour vous, iw'le d'orson.
Mais il me reste encore une crainte. Entre nous ,
Je voistles gens qui, ce me semble.
Sitôt qu'ils sont unis, cessent de vivre ensemble. Il vient ici grand monde , et j'observe tout bas
Ce que fait monsieur ou madame.
Quand nous avons l'époux, nous n'avons point la t'ei Et quand la femme vient , le mari ne vient pas.
C'est ainsi qu'avec la comtesse Mon frère même en use tous les jours;
Moi je voudrois , je le confesse,
Un mari qui le fût... toujours.
LE CHEVALIER
oh bien ! avec vous je m'engage Pour un mari qui veut l'être à jamais; Mademoiselle, je promets De ne vous pas laisser un moment de veuvage. Quand...