‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 81 sur 200 · I.A COMTESSE · texte numérisé non relu

I.A COMTESSE

Soit. Mais c'est un ami: pour moi, je ne crains rien.

LE COMTE

Et puis, le monde est plein d'échos ; tout se répète;

Tout s'envenime ; on interprète Souvent le bien en mal , jamais le mal en bien... Mais, explic[uez-moi donc d'où vient qu'une partie De votre appartement est presque sans bougie , Est à peine éclairée. Oh ! vous avez des gens

Si paresseux, si négligents!

LA COMTESSE

C'est que jamais le soir il ne me prend envie De m'enfermer chez moi ; j'ai dû les étonner. On ne devine pas...

LE COMTE

Il falloit deviner.

On ne peut pas être plus mal servie; C'est à l'aire pitié, madame. Et, s'il vous plait, Ouel est donc ce charmant valet.

Qui me voyant chez vous prêt à me rendre. Sans aucun ordre, étourdimeut, A couru vite vous l'apprendre?

LA COMTESSE

(Jh ! c'est excès de zèle ; il a cru bonnement...

LE COMTE

Vous auriez bonne grâce encore à le défendre ! Vous ne voyez donc pas où cela \a'? Comment! .Sentez-vous quels soupçons un j.drinx pourroit (ueudrc? El .'•i je l'étois, moi, jaloux?

ii6 LE JALOUX SANS AMOUR.

LA COMTESSE

Il est certain Que c'est tout mettre au pis, aussi.

LE COMTE

Soit, mais enfui Il en est, des jaloux. Or vous devez comprendre

Que tels valets , entre nous , Vous feroieut soupçonner de craindre qu'iui époux

Ne vint un beau jour vous surprendre.

LA COMTESSE

Comme vous allez loin !

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