‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 80 sur 200 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LA COMTESSE, LE COMTE

LA COMTESSE

Avant que le marquis revienne , Monsieur le comte, trouvez bon Qu'un moment je vous entretienne.

LE COIMTE.

De qui, madame? De d'Erbon ?

LA COMTESSE

De dErbon! Mais de lui, je n'ai, qu'il me souvienne . Rien à vous dire.

LE COMTE

Oui , vous avez raison ; C'est lui qui peut parler de vous.

LA COMTESSE

Oui, je veux croire Qu'il peut en parler ; mais sur quoi?

Eh mais! â hier il peut conter l'histoire.

LA COMTESSE

s'il la raconte , on en rira , je croi , Et ])uis cest tout.

ii4 LE JALOUX SANS AMOUR.

LE COMTE

Et c'est déjà trop.

LA COMTESSE, en souriant.

Mais j'espère Que sans peine de vous j'obtiendrai le pardon

D'un transport si peu volontaire; Et que votre amitié ae voudra pas me faire Un tort réel d'une méprise.

LE COMTE

Non...

Mais pourquoi cette course imprévue et subite? Vous auriez pu m'attendre en votre appartement ; Vous auriez pu, du moins, courir... plus lentement.

LA CO.MTESSR.

Il est vrai ; je reçois si peu votre visite. Que le plaisir, l'étonnement, M'ont fait courir un peu trop vite.

LE COMTE

Je parle de cela pour vous, et non pour moi. Dans le monde d'Erbon va raconter l'affaire...

LA COMTESSE

Eh bien ! après? d'où vous vient cet effroi?

L'on veut , dans ses récits, être gai... l'on veut plaire.

LA COMTESSE

Oui, mais je crois d'Erlioii sincère; Kt je vois en lui...

LE COMTE

Moi je voi Qu'en racontant, même de bonne foi.

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