‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 87 sur 200 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE CHEVALIER

Oh ! me voilà pris ! oui , ma foi !

Que (Je charmes divers un seul objet rassemble ! Tant de candeur et d'esprit tout ensemble ! Que de grâces !... Mais en ce jour Un soin plus sérieux m'appelle :

c'est par les seuls devoirs d'une amitié fidèle Que je dois mériter les faveurs de l'amour. J'ai \ii Sophie enfin , cette Circé nouvelle ,

Qui fait du comte aujourd'hui le destin. J'ai dit deux mots, mon projet est en train. Si le comte est aveugle, il est temps qu'on l'éclairé, Ma charmante Sophie ; et j'en fais mon affaire. Je sais sur votre cœur comme on acquiert des droits; Si je vous rends dupe une fois, C'est pour vous empêcher d'en faire.

Relisons mon épître : oui, ce ton préviendra... Vos charmes... elle y croit... Mon cœur... elle y croir Eh! pas mal ! comme ici le sentiment pétille ! .Ah ! séducteur! fort bien; et puis, par apostille , ! >es diamants ! quel style ! oh ! ma lettre prendra ;

LE JALOUX SANS AMOUR. i23

J'en suis sur, on m' écoutera.

(// donne à son laquais une lettre et un écrin.) Germon, partez, et faites diligence; Mais sur-tout point de confidence.

{seul.) Tout, ses biens, son honneur, lui-même, est en danger. Je ne vois qu'un moyen d'empêcher son naufrage; Mais ce moyen , qui peut le dégager.

Je risque tout à le mettre en usage.

Il peut m'ôter sa jeune sœur :

N'importe; l'amitié, l'honneur...

Dois-je de mon projet avertir la comtesse?

Mais non. Pourquoi réveiller sa tristesse? Ah ! plutôt puisse-t-elle, appelant sa raison. Toujours de sa rivale ignorer jusqu'au nom! Epargnons sa délicatesse.

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