ACTE III, SCENE III
Mlle d'or SON.
Oui, .souvent vous m'avez Fait craindre Que mon frère en secret n'osât vous chagriner.
LA COMTESSE
Votre frère! Et sur quoi peut-on le soupçonner? Me vites-vous jamais l'accuser ou m'en plaindre? La paix et l'union habitent parmi nous. Vous le voyez, demain nous célébrons sa fête; Pour lui, sans l'avertir, un spectacle s'apprête ; Et j'ai pris dans la pièce un rôle , ainsi que vous. Sont-ce là des projets que le dégoût enfante?
m'Ic d'orson.
Vous m'assurez donc bien que vous êtes œntente, Heureuse?
LA c^o M T E s S E , uvcc embarras.
Oui.
m11«^ d'orson.
De quel poids vous soulagez mon cu;ui ' Ainsi votre amitié m'engage A tenter à mon tour le sort du mariage? A prendre un époux?
i.A co. VIT ESSE, de même.
Oui, ma sœur.
( à part. ) .le souffre à lui parler, et ne sais que lui dire ; A chaque mot mon ame se déchire.
{haut. ) \\\v/., ma Sd'ur.. d'Klcour imus attend au jardin .. ■ li (|tii'l((ne onlif à donner .le vnus rejoins soudaii
iaS LE JALOUX SANS AMOUH
mHc d'orson, seule.
Bon. Ne voilà-t-il pas l'ennui qui la tourmenle,
Et qu'elle dissimule en vain !
Quand elle dit qu'elle est contente ,
Elle le dit d'un ton chagrin.
J'en reviens toujours là; ma sœur aura beau dire ; De quelque ennui secret son cœur est dévoré ;
Chaque fois que je la vois rire ,
Je m'aperçois qu'elle a pleuré.