ACTE m, SCENE III
(à ioicillc de la comtesse , et d'un nir d't'nftintillmic.) Mous souiiues arrangés.
LA COMTESSE, en souriant.
Bon!
Mlle d'or SON.
Oui, je le ré|iétt , Ni l'un ni l'autre ailleurs ne peut donner sa l'oi.
Puis il m'a promis... H me semjjle Que l'hymen quelquefois donne un air triste.
LA COMTESSE
Eh bien?,
Mlle d'or SOIN
Nous serons toujours gais.
LA COMTESSE
Fort bien.
Mlle DORSON.
Souvent de deux époux qu'un même nœud rassemblf , Quand l'un est ici , l'autre est là.
LA CO MTESSE.
Eh bien?
Mlle d'or SON.
Nous changeons tout cela , Et nous serons toujours ensemble.
LA COMTESSE, avcc Vexprcssion du Sentiment. l»ui , sans doute , oui, l'hymen vous doit des jours heureux. Mais du bonheur quand on se fait l'imago ,
On doit craindre, si l'on est sage, D'exagérer son espoir et ses vœux.
Quand on voit trop beau par avance, nii;!(p.ct'()is, tant de près le charme est affoibli.
126 LE JALOUX SANS AiMOUlî.
Le bien que l'espérance avoit trop einbelli ,
Est gâté par la jouissance.
Sans vouloir vous offrir un portrait affligeant De cette chaîne auguste et souvent fortunée. Craignez qu'espérant trop des nœuds de l'hyméuée, Votre cœur ne devienne un jour trop exigeant. Souvenez-vous enfin qu'user de complaisance Est le bonheur et le devoir de tous; Et que souvent^, pour deux époux, L'art d'être heureux, c'est l'indulgence. Mlle d'orson.
Mais si le chevalier alloit être jaloux?
LA COMTESSE
Eh bien ! un cœur jaloux et tendre Peut faire encor notre bonheur.
Mlle d'or SON.
Que vous devez être heureuse, ma sœur!
Car mon frère est jaloux à ne pas s'y inéprendre.
LA co.viTESSE, avec effort.
Je suis heureuse aussi.
m'Ie d'or son.
Cependant, pardonnez, Votre air chagrin , je le confesse , M'alarme quelquefois.
LA COMTESSE
Croyez-moi, vous prenez L'air occupé pour la tristesse.
Le nom d'épouse, en comblant nos désirs Ajoute à nos devoirs ainsi qu'à nos plaisirs