‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 92 sur 200 · ACTE m, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE V

C'est moi qui fis ton mariage , Et je suis, grâce au ciel, content de mon ouvrage; De ta conduite enfin je suis édifié.

LE COMTE

Je ne mérite pas ce...

Point de modestie.

Aussi pour toi mon amitié.

Connue tu vas le voir, ne s'est pas ralentie. Je viens solliciter, d'Orson; sais-tu pourquoi? Conuois-tu mon projet?

LE COMTE

Non.

LE MARQUIS

Va , qu'il réussisse ; Le succès te fera plaisir autant qu'à moi, J'en suis certain.

LE COMTE

Vous me rendez justice.

LE MARQUIS

oh ! je m'entends.

LE COMTE

Cela paroît vous occuper?

LE MARQUIS

Beaucoup; et c'est ainsi qu'il faut que tout se traite. C'est peu de demander la grâce qu'on souhaite; Il faut courir après, si l'on veut l'attraper. La faveur est comme une belle, Au.K modestes amants toujours fière et cruelle.

i3o LE JALOUX SANS AMOUn.

Fatijjuez à grands cris ceux par qui doit couler

De ses dons la source infidèle : Avant d'avoir réponse, il taut long-temps parler. Enfin ces bienfaiteurs que par-tout on renomme Cherchent assez souvent, en oMigeant quelqu'un,

Moins à servir un galant homme ,

Qu'à s'affranchir d'un importun.

J'ai toujours voulu me conduire D'après les sentiments que je t'expose ici. Ont-ils le sens commun? je n'oserois le dire; Car l'iige avec le corps use l'esprit aussi.

LE COMTE

Comment ! de ce discours aussi vrai qu'énergique Chaque mot devroit être écrit; C'est parler en homme d'esprit < Et penser en grand politique.

LE MARQUIS

Tu trouves donc que j'ai le sens commun?

LE COMTE

Vous? Vous êtes la raison même.

LE MARQUIS

J en suis hien aise. Allons, tu sais combien je t'aime; Mais par trop d'amitié l'on peut être importun. Ah ! tiens, voilà Frontin.

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