SCÈNE VI
CÉLIANTE, LE BARON.
CÉLIANTE.
Vous la traitez, mon frère, avec trop de hauteur, Et vous l'étourdissez. Employez la douceur.
LE BARON
La douceur, dites-vous? La douceur est charmante!
CÉLIANTE.
Trouvez bon cependant que je vous représente Qu'une telle conduite auprès d'elle vous nuit, Et qu'à la fin sa haine en peut être le fruit;
i£6 LES DEHOUS TROMPEURS.
Qu'elle sent...
LE BARON
Trouvez bon que je vous interrompe , Pour vous dire, ma sœur, que votre esprit se trompe.
CÉ LIANTE
Elle s'est plainte à moi; je dois vous informer.. .
LE BARON
Tor.s ces petits propos doivent peu ni'alarmer.
CÉLIANTE.
Mais vous allez bientôt voir arriver son père. Pour son appartement comment allez-vous faire? Ma sincère amitié...
LE BARON
Se donne trop de soins , Et pour notre repos aimez-nous un peu moins.
CÉLIANTE.
Vous n'avez jamais rien d'agréable à me dire.
LE BARON
Rien d'agréable ! Il faut autrement me conduire. J'aurai soin désormais de vous faire ma cour.
CÉLIANTE.
Pour moi votre mépris augmente chaque jour.
Et puisque vous aimez les choses agréables ,
Je ne vous tiendrai plus que des propos aimables :
Je louerai votre esprit, votre air, votre enjouement.
Ah ! ne me raillez pas aussi cruellement.
LE BARON
Céliante, pour vous je viens de me contraindre;