‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BoissyChapitre 108 sur 194 · ACTE II, SCENE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI. i

Je vous dis des douceurs , et vous osez vous plaindre ?

CÉLIANTE.

Moi, je vous dois ici dire \ os vérités, Et vais d'un bon avis payer vos duretés.

LE BARON

Encore des avis !

CÉLIANTE.

Vous êtes fort aimable...

LE BARON

Le début est flatteur.

CÉLIANTE.

Prévenant, doux, affable Pour les gens du dehors que ménage votre art; A vos civilités le monde entier a part, Parcequ'il est, monsieur, l'objet de votre culte, Et l'oracle constant que votre esprit consulte : Mais mon frère chez lui sait se dédommager Des égards qu'il prodigue à ce monde étranger. Il dépouille en entrant sa douceur politique : Méprisant pour sa sœur, dur pour son domestique, Fâcheux pour sa maîtresse, et froid pour ses amis, Il prend une autre forme, et change de vernis. Tout craint dans sa maison et tout fuit sa rencontre; Le courtisan s'éclipse, et le tyran se montre.

le baron, d'un ton irrité.

Ma sœur !

CÉLIANTE.

Le trait est fort, mais vous me l'arrachez : Et j'ai peint dans le vrai, puisque vous vous fâchez. Je l'ai fait toutefois dans une bonne vue;

Profitez-en, ou bien, si l'erreur continue, Des vôtres redoutez le funeste abandon ; Craignez de vous trouver seul dans votre maison-, Et de n'avoir d'ami que ce monde frivole , Dont un souffle détruit l'estime qui s'envole.

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