ACTE III, SCENE i. l
Et pour m'en garantir, montrez-moi chaque écueil.
LE BARON
Vous me charmez; je suis tout prêt à vous instruire. Et vous n'avez, marquis, qu'à vous laisser conduire. Je veux choisir pour vous le jour avantageux, Saisir, pour vous placer, le point de vue heureux ; A vos dons naturels joindre les convenances, Y répandre des clairs, y mettre des nuances; Et faire enfin de vous, vous donnant le bon tour, L'homme vraiment aimable, et le héros du jour. Je ne m'en tiens pas là. Non, marquis, je vous aime; Je veux vous rendre heureux en dépit de vous-même. Mon amitié, dans peu , compte en venir à bout : Votre amante en répoud, elle a pour vous du goût; C'est le point principal , et qui rend tout facile. Mais point de sot scrupule , et montrez-v ous docile : Me le promettez-vous?
LE MARQUIS
J'y ferai mon effort.
LE BARON
Pour la mieux disposer, écrivez-lui d'abord.
LE MARQUIS
J'avois pris ce parti. J'ai même ici ma lettre : Mais je ne sais comment la lui faire remettre.
LE BARON
Attendez... Il s'agit d'un établissement,
Et cet hymen pour vous est un coup important.
Oui, par mille raisons c'est un bien où j'aspire; Et c'est, pour l'en prêter, que je lui viens d'écrire.
LE BARON
La chose étant ainsi, j'imagine un moyen... Oui, Lucile pour vous doit lui parler.
LE MARQUIS
Eh bien?
LE BAROX.
Sans blesser la sagesse, elle peut la lui rendre, Et même l'amitié l'engage à l'entreprendre. D'autres la commettroient.
LE MARQUIS
Oui, c'est ce que je crains.
On ne peut la remettre en de meilleures mains.
LE BARON
Donnez-moi votre lettre , elle sera rendue , Et je vais en charger ma jeune prétendue.
LE MARQUIS
Moi-même je voudrois, lui donnant mon billet, Le lui recommander.
LE BARON
Vous serez satisfait.
Attendez un moment.
( // rentre. )