‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BoissyChapitre 122 sur 194 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Vous , prévenant, exact.

LE BARON

Pardonnez mon retard.

LA COMTESSE

Je ne puis à ce trait, monsieur, vous reconnoitre.

LE BARON

De sortir de chez moi je n'ai pas été maître; Et je suis arrêté même dans ce moment.

LA COMTESSE

Par qui donc?

M. DE FOKLIS.

C'est par moi, madame, absolument.

J'ai besoin du baron pour cette après-dinée.

LA COMTESSE

Moi , je l'ai retenu pour toute la journée.

M. DE F OR LIS

Avec tout le respect que je dois vous porter, Sur vos prétentions je compte l'emporter.

LA COMTESSE

N'en déplaise à l'espoir dont votre esprit se flatte , Vous venez un peu tard, je suis première en date.

le b a r o x , à M. de Forlis.

Vous voyez bien, monsieur, que je n'impose point.

m. de forlis.

Mais vous savez qu'au mien votre intérêt est joint. L'affaire est sérieuse autant qu'elle est pressante.

LA COMTESSE

Oh ! celle qui m'amène est plus intéressante.

M. DE FORLIS.

Mon bonheur en dépend, et le sien propre y tient,

i7o LES DEHORS TROMPEURS

LA COMTESSE

Mais c'est un phénomène , et Paris en convient.

M. DE FORLIS.

J'arrive tout exprès du fond de la Bretagne.

LA COMTESSE

Moi, quinze jours plus tôt j'ai quitté la campagne.

M. DE FORLIS.

S'il retarde d'un jour, mes pas seront perdus.

Passé ce soir, monsieur, on ne l'entendra plus; Il part demain.

M. DE FORLIS.

Qui donc? Je ne puis vous comprendre.

LA COMTESSE

Ce violon fameux, que nous devons entendre.

M. DE FORLIS.

Quoi! c'est un violon qui balance mes droits?

LA COMTESSE

Il doit jouer, monsieur, pour la dernière fois.

M. DE FORLIS.

Voilà donc ce devoir unique , indispensable! Je tombe de mon haut.

LA COMTESSE

C'est un homme admirable, Et qui tire des sons singuliers et nouveaux; Ses doigts sont surprenants, ce sont autant d'oiseaux. Doux et tendre, d'abord il vole terre à terre : Puis tout-à-coup bruyant , il devient un tonnerre. Rien n'égale, en un mot, monsieur Vacarmini.

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