ACTE III, SCE3E V. »7i
M. DE FOR LIS
Vacarmini, madame, ou Tapagiinini,
Tout merveilleux qu'il est, n'est pas un personnage
Qui mérite sur moi d'obtenir l'avantage.
Eh ! qui donc êles-vous pour jouter contre lui?
M. DE FOR LIS
Quelqu'un que monsieur doit préférer aujourd'hui.
LA COMTESSE
Je vous crois du talent et beaucoup de mérite; Mais vous ne partez pas apparemment si vite. On pourra vous entendre un autre jour.
M. DE FORLIS.
Comment?
LA COMTESSE
Oui. Quel est votre fort, monsieur, précisément? La musette , la flûte, ou le violoncelle?
M. DE FOR LIS
Moi , joueur de musette? Ah ! la chose est nouvelle. La bagatelle seule occupe vos esprits : Un soin plus serieuxme conduit à Paris.
LA COMTESSE
Quelle est donc cette affaire, et si grave et si grande?
M. DE FORLIS.
C'est un gouvernement qu'à la cour je demande.
LA COMTESSE
Un gouvernement?
M. DE FORLIS.
Oui.
LA COMTESSE
Quoi! ce n'est que cela?
Oh! rien ne presse moins : si ce n'est celui-là, Vous en aurez un autre, et la chose est facile. Mais pour l'homme divin, qui part de cette ville, Le bonheur de l'entendre à ce jour est borné. Il faut , il faut saisir le moment fortuné. Si le baron manquoit cet instant favorable, Il n'en trouverait pas dans dix ans un semblable.
LE BARON
Oui; madame a raison, et j'en dois profiter.
M. DE FOR LIS
Quoi! pour un vain plaisir tu veux donc me quitter? Un ancien ami n'a pas la préférence?
LA COMTESSE
Moi, je suis près de lui nouvelle connoissance ; Il me doit plus d'égards.
M. DE FORLIS.
Oui, s'il faut parier, C'est toujours pour celui qu'd commît le dernier.
la comtesse, au baron.
Le plaisir que j'attends me transporte d'avance. Donnez-moi donc la main, partons en diligence.
LE BARON
A des ordres si doux je me laisse entraîner. le ai a R qui s, à M. de Forlis.
Monsieur , je vous promets de vous le ramener.
LA COMTESSE
Non : c'est flatter monsieur d'un espoir téméraire. J'enlève le baron pour la journée entière.