ACTE IV, SCÈNE VUE
« du monde me donnât le nom de sotte et de stupide. « L'abattement où m'a plongée la crainte d'être ou- « bliée de vous a dû donner île moi cette idée; et de- «'puis que je vous voisici, votre présence me jette daus « un trouble qui sert à la confirmer. Je sens que mon «cœur fait tort à mcnesprit.il m'ôte jusqu'à la liberté « de m'exprimer, et je suis trop occupée à sentir, pour « avoir le loisir de penser. »
(après avoir lu.) Mais est-il rien, marquis, qui soit plus adorable? Et ne trouvez-vous pas cette fin admirable?
LE MARQUIS
Je la goûte encor plus que vous ne l'approuvez.
lu ci le, au baron.
Vous louez mon billet plus que vous ne devez.
LE BARON
Non, non: mon repentir égale ma surprise; Je dois à vos genoux expier ma méprise. Pardon, je vous croyois, il faut trancher le mot, Sans esprit , et c'est moi qui suis vraiment un sot.
lucile, relevant le baron.
Levez-vous, vous comblez le trouble qui m'agite.
LE EAROX,
Je dois à votre égard rougir de ma conduite. C'est par mille respects , par un culte flatteur, Que je puis désormais réparer mon erreur. Vous êtes accomplie , et je n'en puis trop faire. Vous, marquis, prenez part à mon transport sincère.
L E M ARQDIS.
Je le partage au moins.
tyo LES DEHORS TROMPEURS.
LE BARON
Rien ne manque à mes vœux , Si comme moi , mon cher, vous devenez heureux.
LE MARQUIS
Oh ! je le suis déjà.
Comment donc? Votre amante Vous auroit-elle écrit?
LE MARQUIS
Un billet qui m'enchante !
Votre ravissement n'égale pas le mien.
C'est à mademoiselle à qui je dois ce bien.
LUCILE
En cela j'ai suivi le penchant qui m'inspire.
LE BARON
Nous sommes tous contents comme je le désire.
( à Lucile. ) Désormais mon hôtel , qui m'étoit odieux, Me deviendra charmant , embelli par vos yeux. Vous seule me rendrez son séjour agréable : Pour vous plaire je veux m'y montrer plus aimable ; Et goûtant sans mélange un destin bien plus doux, Je vais me partager entre le monde et vous.