‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BoissyChapitre 142 sur 194 · LE RARON, LUCILE, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LE RARON, LUCILE, LA COMTESSE

la comtesse, au baron.

Son, quoi que vous disiez, je ne vous quitte pas.

le baron, à Lucile.

Je n'ai pu m'échapper des mains de la duchesse : Je suis au désespoir. La cruelle comtesse A secondé si bien son désir obstiné , Qu'à la pièce nouvelle elles m'ont entraîné. Elles m'ont eufermé malgré moi dans leur loge ; Mais en vain des acteurs elles ont fait l'éloge , Au théâtre et par-tout je n'ai rien vu que vous. Je trouve dans vos yeux un spectacle plus doux; 11 jette tous mes sens dans une aimable ivresse ; Et voilà désormais le seul qui m'intéresse.

LA COMTESSE

Q'entends-je? Il prend le ton d'un amant langoureux.

LE BARON

Je le suis en effet.

LA COMTESSE

Vous êtes amoureux?

LE BARON

Oui , beaucoup.

LA COMTESSE

Je frémis du transport qui lent raine.

le baron, à Lucile.

De notre hymen ce soir je veux former la chaîne; Et votre père va...

lucile, d'un air troublé.

Monsieur, l'avez-vous vu?

LE BARON

Empressement flatteur ! Je ne l'ai jamais pu. J'ai manqué malgré moi l'heure qu'il m'a donnée.

LA COMTESSE

Mais c'est un vrai délire , et j'en suis étonnée :

Si vous continuez , il faudra vous lier.

C'est cent fois pis , monsieur, que de vous marier.

LE BARON

Mon ardeur est parfaite.

LA COMTESSE

Ah ! Des ardeurs parfaites !

Mais étant amoureux , et du ton dont vous l'êtes , Adorant et brûlant pour l'objet le plus doux, Que voulez-vous, monsieur, que l'on fasse de vous? Le monde va bientôt fuir votre compagnie.

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