‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BoissyChapitre 151 sur 194 · LUC IL F · texte numérisé non relu

LUC IL F

.le nai point prononcé; vous vous trompez, monsieur.

LE BARON

Eh quoi ! n'est-ce pas moi que vous venez délire? Ce billet avoué suffit.

Non.

Qu'est-ce à cure.-' LA COMTESSE, après avoir lu.

Mais , qu'il n'est pas pour vous ; c'est pour un homme absen t.

LE BARON

Madame...

LA COMTESSE

Mais, monsieur, écoutez un moment.

(Elle lit haut.) « L'abattement où m'a plongée la crainte d'être ou- " bliée de vous, a dû donner de moi cette idée. »

(au baron, en s interrompant.) « Oubliée ! » Est-ce vous, qui l'obsédez saus cesse?

LE BARON

Pardon, j'ai donné lieu moi seul à sa tristesse. la comtesse, lui présentant le billet.

« J'ai donne lieu ! « Tenez, répondez a ceci. [Elle lit.) «•Depuis que je vous vois ici, votre présence m» • jette dans un trouble qui sert à la confirmer. »

( en s'interrompant. ) Est-ce pour vous? « Depuis que je vous vois ici. » Vous radotez , mon cher.

LE BARON

Le marquis sait lui-même.

LA COMTESSE

Qu'il parle donc : il montre un embarras extrême.

M. DE FOR LIS

Ma fille, le marquis sauroit-il ton secret? Réponds-moi sans détour.

lucile. v

Oui , mon père , il le sait .

la comtesse, au marquis.

Puisque vous le savez, il faut nous en instruire.

le marquis.

C'est à mademoiselle, et je ne dois rien dire.

LE BARON

I ne telle réserve est fort peu de saison.

LA COMTESSE

Elle jette mon cœur dans un juste soupçon: La petite convient qu'il sait tout le mystère ;

II se trouble comme elle , et s'obstine à se taire, .le gagerois qu'il est cet amant fortuné.

C'est lui.

M. DE FOR LIS

Je le voudrois.

LUCILE

Madame a deviné.

LE BARON

Comment ! Ce nest pas moi!

Page 1