ACTE I, SCEJNE I. a
Par les discours qu'il tient, la chose est avérée, Et je n'en doute plus, à sa vue égarée.
LE MARQUIS
Tu vois qu'en ce pays tout m'oblige a rester?
LA FLEUR
Tout vous fait un devoir, monsieur, de le quitter.
LE MARQUIS
Plutôt que j'abandonne une épouse que j'aime, Il n'est point de parti ni de moven extrême Que mon cœur ne soit prêt d'embrasser dans ce jour. Tu dois dans ce dessein seconder mon amour.
LA FLEUR
Sortons d'un lieu fatal, et courons en Provence,
Ou vers le Languedoc volons en diligence,
Pour chasser l'humeur noire où vos sens sont plonges
LE MARQUIS
Tais-toi, tes seuls propos la font naître.
Songez...
le marquis, fin terrompa nt.
Songe, songe, toi-même, à respecter ma flamme.
la F leur, à part.
Gardons de l'obstiner : j'irriterois son ame , Et ne ferois qu'aigrir son mal encor plus fort.
LE MARQUIS
Il faut , sans perdre temps , que je parle a Belfort ,
{voyant paraître milord Belfoi > ■ } Que je règle avec lui... Je le vois qui s'avance. Laisse-nous, et sur-tout garde bien le silence.
la fleur, à part, en s'en allant.
C'est de sa maladie un effet trop certain... Quel assaut pour son père ! Il mourra de chagrin.