ACTE 1, SCÈNE VI. i3g
BEL FOR T
Fauster a soixante ans, de plus il est goutteux. Et ce seroit un meurtre, ô ma belle cousine !
CONSTANCE
Songez, mon cher parent, que je suis orpheline, Et sans bien.
BELFORT
Vos yeux seuls valent des millions
CONSTANCE
Ce n'est qu'un doux propos, et des réflexions Plus sages...
belfort, l'interrompant.
Sentez mieux tout le prix d'être aimable. J'ai pour vous, moi qui parle, un parti plus sortable, Et préférable , en tout, à votre vieux Fauster. Celui dont il s'agit a beaucoup de mon air : Il est de mon humeur, au printemps de son âge; Il doit sur son rival avoir tout l'avantage. Il est plus généreux et non moins opulent, D'aussi bonne maison et beaucoup plus galant.
constance.
Mais, milord, Fauster m'aime.
R Kl. FORT.
Et l'autre vous adore.
)e vous apprends, pour lui, ce secret qu'on ignore. Attendant que pour tel il s'ose présenter, Cousine, il m'a chargé de le représenter. De cet emploi charmant je m'acquitte avec joie. Souffrez qu'à vos regards mon transport se déploie,
j4o l'époux par supercherie.
Et persuadez-vous, dans cet heureux moment,
Que je suis en effet moi-même votre amant.
En cette qualité j'ose, belle Constance,
Vous déclarer un fèu si plein de violeuce
Que les flots d'un torrent sont moins impétueux ,
Et ma rapide ardeur...
constance, l'interrompant.
Passe vite comme eux ?
Non. Votre nom, Coustance, en fait le caractère; Elle sera durable, autant qu'elle est sincère; Et mon cœur...
constance, l'interrompant.
Votre cœur prend le ton langoureux?
BELFORT
Non; de son naturel mon amour est joyeux. Des soupirs , des langueurs vous êtes ennemie . Et je le suis aussi. Tout amant triste ennuie, C'est un tort qui jamais ne peut être excusé. L'amour est un enfant qui veut être amusé. Quand il joue et qu'il rit, il est charmant, aimable; Mais viént-il à pleurer, il est insupportable. Tenons-le, vous et moi, toujours eu belle humeur ;
{voyant rire Constance.) Il s'en portera mieux... Ron! ce souris flatteur Me dit que mon esprit persuade le vôtre, Et que, pensant de même, ils sont faite l'un pour l'autre. Jusqu'au jour de l'hymen inventons mille jeux, Dansons, rions, chantons, à l'unisson, tous deux. Par des transport - de joie exprimons nos tendresses;