‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BoissyChapitre 167 sur 194 · DEI.FOU T · texte numérisé non relu

DEI.FOU T

Ah! désabusez- vous.

A cet époux enfin donnerez-vous la pomme? Répondez.

CONSTANCE

Non, milord.

BELFORT

Pourquoi?

CONSTANCE

C'est un jeune domine.

BELFORT

Mais, par cijt avantage, il vous conviendra mieux.

CONSTANCE

Par prudence , mon cœur préfère le plus vieux. Mon sort sera plus doux.

BELFORT

De l'humeur dont votif été»,

24i L'ÉPOUX PAR SUPERCHERIE.

Pouvez-vous bien , ô ciel! penser comme vous faites.'"

Oui; l'enjouement chez moi n'exclut pas le bon sens. Les exemples me font craindre les jeunes gens : Chez les femmes d'autrui ces messieurs sont aimables; Mais près des leurs, milord, ils sont insupportables. Méprisants, sans égards, infidèles, cruels !

BELFORT

Il eu est quelques-uns, mais tous ne sont pas tels. Mon ami...

CONSTANCE, l'interrompant.

M'est suspect.

BELFORT

Songez qu'il me ressemble.

CONSTANCE

C'est par cette raison qu'à l'accepter je tremble.

BELFORT

La crainte est obligeante et l'aveu des plus doux.

CONST AN CE

Mais vous méritez bien qu'on parle ainsi de vous , Et l'air dont vous vivez ici près d'Emilie, Depuis le peu de temps qu'un même sort vous lie , Me fait, avec raison, craindre un malheur pareil. Si vous étiez plus sage et suiviez mon conseil , Vous négligeriez moins une épouse si belle.

BELFORT

C'est pour ne pas user l'amour que j'ai pour elle Je l'évite le jour, comme il faut tout prévoir. Exprès pour la trouver plus aimable le soir.

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