ACTE I, SCENE VI. i
Un oubli si blâmable, un tort de cette espèce Est fort mal excusé par une gentillesse.
BELFORT
Mais si la vérité justifioit mes torts, L'amant en question vous plairoit-il alors?
CONSTANCE
Vous supposez toujours des choses incroyables.
L'amour peut bien souvent se repaître de fables ;
Mais l'hymen est un dieu plein de solidité .
Il établit ses droits sur la réalité.
Milord Fauster est vieux , mais du moins il existe;
Et je vais à ma tante...
BELFORT, l'interrompant.
Arrêtez-vous. J'insiste.
L'époux pour qui je parle est réel de tout point; Il est des plus vivants, ou je ne le suis point.
CONSTANCE
S'il étoit vrai, monsieur, on le verrait paroître.
BELFORT
Puisque vous exigez qu'il se fasse conuoître , Il va, sans plus tarder, se montrer à vos yeux Vous le voyez.
CONSTANCE
Où donc?
Devant vous, eu ces lieux.
CONSTANCE
.Je n \ vois que vous seul.
BELFORT
Et c'est aussi moi-même.
CONSTANCE
Vous ?
BELFORT
Oui, c'est moi qui suis mon ami , qui vous aime. constance, ironiquement.
Ah! vous me convenez, monsieur, parfaitement ! Un homme marié ! qui l'est nouvellement !
BELFORT
Vous vous l'imaginez, ainsi que tout le monde. Voilà le préjugé, voila comme on se fonde, Comme on croit, de léger, sur la trompeuse foi D'une vaine apparence !
CONSTANCE
Il est vrai, je le croi, Sur la foi simplement d'un contrat qui vous lie , Dont je suis le témoin. C'est une minutie.
BELFORT
Et si je vous prouvois , moi , que je suis garçon?
CONSTANCE
Je n'ai plus rien à dire , et le trait est fort bon !
L'aveu queje vous fais est des plus véritables. Que je sois le dernier de tous les misérables, Si je suis marié, dans le fond !
CONSTANCE
Vains propos.
BELFORT
Pour vous désabuser, apprenez, en deux mots.. .