LE MARQUIS, LE BARON; TIMANTE
FRONTIN,cac/ie5.
LE BARON, au inarfjuis.
Vous avez toujours prévenu mes désirs, marquis ; et il semble que vous veniez au-devant de moi , comme si vous aviez su que j'allois chez vous.
LE MARQUIS
L'amitié qui nous joint justifie assez notre empressement.
LE BARON
Je vous amène mon fils le chevalier. C'est un fils obéissant, celui-ci, qui n'a jamais été gâté parFrontin, et qui , par sa soumission , me console de toutes les extravagances de son frère. (cherchant le chevalier. ) Approchez, mon fils. (appelant.) Chevalier ! (à part.) Qu'est-il devenu ? FRONTIN, 6a^, aTimante.
Voilà son fils l'obéissant !
LE BARON, appelant.
Holà! chevalier?..,
FRON TIN, a part.
Il est déjà bien loin.
LE iJAROK, au marquis.
11 faut, sans doute, qu'il lui ait pris soudainement quelcfue foibiesse. Il y a quelques jours qu'il est d'une langueur et d'un abattement qui m'affligent; mais la vue d'une jolie personne lui fera revenir ses forces. Nous pouvons toujours les accorder dès ce soir, quitte pour différer les noces de quelques jours, si son indisposition continue. Mais tenons les choses secrètes, pour nous garantir des fourberies de Frontin, qui m'a déjà débauché Timante, et qui pourroit encore gâter le bon naturel du chevalier, dont je suis sûr que je ferai tout ce que je voudrai: un agneau n'est pas plus doux. C'est tout le contraire de ce pendard de Timante: aussi va-t-il servir d'exemple de la manière dont on doit punir les fils désobéissants.
LE MARQUIS
En vérité, baron, il faut que je vous aime comme je fais pour consentir à ce mariage avec votre second Hls ;et le procédé de Timante suffiroit pour me rebuter d'une aUiarice que j'ai toujours ardemment souhaitée.
LE BAROK.
Votre fille , au moins , voudra bien accepter le chevalier en la place de Timante?