ACTE I, SCÈNE IX
et ouverte un moment après à l'autre, c'est une bagatelle qui ne vaut pas la peine d'en parler.
LA COMTESSE
Je ne demandois à vous voir que pour vous en apprendre les raisons, avant votre départ; car je suis informée que le vice - roi vous a nommé du voyage... ( montrant Frontin.) jrlais , auparavant, dites-moi , ce garçon sait-il se taire?
FRONT IX
Oui, madame, fort bien; mais je vous avertis d'une chose : si ce que j'entends dire est vrai , personne ne garde mieux un secret que moi : si ce qu'on dit est faux et supposé, je ne l'ai pas plutôt oui que je meurs d'envie de l'aller redire. Je suis percé comme un crible, et le secret d'un mensonge s'écoule (;hez moi de tout côté. Je vous confesse mon foible, madame; c'est à vous à en profiter.
LA COMTESSE
Je n'ai rien à dire qui ne soit très véritable.
FRONT IX
A ce compte -là parlez en sûreté: on vous écoute.
■ LA coyiTE&SE, à Timante.
Vous savez, Tiir.ante , qu'on me maria fort jeune à Messine, que six mois après je vins à perdre mon époux?
ii»o LE MUET
FROKTI>.
Cela &e peut taire.
LA COMTESSE, n Timantc.
D'ahord je tîs dessein d'alter passer le reste de mes jours dans la retraite, et de ne songer plus au monde.
FROTIN.
Voilà ce que je ne tairai point.
LA COMTESSE, rt Timaiite.
Vous étiez alors à Messine. Vous me vîntes voir, Timante; vous me files changer de résolution, et vous n'ignorez pas que depuis ce tempslà je vous ai confié avec plaisir tout ce que j'ai eu de plu» secret?
Fr.OXTIN.
Je ne tairai jamais cet article.
LA COMTESSE, rt Timante.
Vous savez donc, Timante, que ce capitaine qui vous donne aujourd'hui sans sujet cette jalousie, a ici, chez sa sœur qui loge près de ce palais, une jeune inconnue qu'on appelle Zaïde.
Je sais, madame, l'histoire de cette Zaïde; j'étois encore à Messine lorsque cette fille, âgée «le deux ans, fut prise par ce capitaine sur les cotes d'Espagne.