‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BruéysChapitre 112 sur 236 · ACTE II, SCENE III. i6i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. i6i

MARINE

J'ai bien affaire Je toi! Adieu.

Arrête, inhumaine ! arrête un moment, ou tu vas voir expirer à tes pieds l'amoureux, le triste, le de'sespére' Frontin !

MARINE

OIil çà, m'aimes-tu autant que tu le dis?

FRO>TI>'

Oui, la peste m'étouffe!

MARI^JE

Veux-tu m'épouser?

FRoyriN.

Oui, ou le diable m'emporte!

MARINE

Tiens, il n'y a qu'un mot qui serve; touche là. Je t'aime aussi : j'enrage de te l'avoir dit ; mais c'est une affaire faite, à condition que tu renonceras aux fourberies, et que tu songeras à embrasser quelque profession.

FRO>TIS

Mon enfant , je n'ai reçu du ciel que l'industrie *en partage ; chacun est oblige , en conscience, de faire valoir ses talents : je n'ai point d'autre profession.

MARINE

Appelles-tu cela profession?

i62 LE MUET.

FRO>'TI>'

Oui, Marine; et je soutiens qu'il n'en est pas aujourd'hui de plus en usage.

:m AR1> E.

Tu as perdu l'esprit.

FRO>Tl?T.

Nullement ; j'ai même fait dessein, quand nous serons mariés, que nous montrions aux autres. M A u I >" Ë.

A tromper?

F RO>TIX

Nous donnerons à cela un nom honnête. Je montrerai aux hommes, et toi aux femmes.

MARINE

Montrer à tromper aux femmes? ce seroit pour ne rien gagner : tu te moques de moi. Mais laissons cela; parle-moi franchement : que viens-tu faire ici?

FP.O>Tl>-.

A te dire la pure vérité, j'y viens par ordre de mon maître, pour épier si ron*mènera à la comtesse cette Zaïde dont tu as sans doute ouï parler.

MA RI NE

Tu la verras passer par ici tout-à-l'heure , je vais la qucrir : adieu.

Attends; j'ai à présent bien des choses à te dire.

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