‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BruéysChapitre 165 sur 236 · ACTE IV, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IX

aime l'histoire: c'est aussi une belle chose que l'histoire. Crésus donc étant dams sa ville de Sarde, qui venoit d'être prise d'assaut... Voulez -vous que je vous fasse une briève description du siège?

LA COMTESSE

Oh ! pour cela , non.

FRO>TI>'

Un soldat l'alloit tuer sans le connoître, quand son fils qui étoit muet, comme j'ai dit, vit le péril si proche : la crainte qu'il eut pour son père lui fit faire un si grand effort que, tout-à-coup (admirez l'effet du sang!) les cataractes du gosier s'onvrirent, les membranes du son se rompirent, les palissades de la parole se brisèrent; cet épiderme qui enveloppe la prononciation se fendit, l'obstruction de la voix s'amollit, les omoplates des syllabes s'écartèrent, et laissèrent aux mots un passage libre; les esquinancies , auparavant enflées, s'aplatirent; la luette s'échauffa, les lignes de la taciturnité furent forcées; la nature conduisit de sa propre main l'articulation jusque dans les retranchements du silence; sa langue se délia , et il s'écria : Sauvez le roi ! (bas à Simon.) Eh 1 sauve - toi. [à la comtesse. ) Sauve-toi donc ! disoit-il à son père.

(Sim.on se sauve^ sans être vu de Timante ni de la comtesse. )

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