ACTE IV, SCÈNE IX. aSy
flatter que nous croyious que cet homrae a été muet?
FRO>TIN
Voyez ! je l'ai cru , moi.
TIMANTE, à /a comtesse.
Il faut confondre ce coquin. ( à Simon. ) Parle tout-à-l'heure.
FR o>- T I N, Z>as, à Simon.
Garde-t'en bien !
MARINE, bas , à Simon .
Frontin te roueroit de coups.
TiMANTE, à Simon.
Parleras-tu?
Vous voyez bien, monsieur: cela est inutile.
TI MAXTE.
Impudent ! je t'apprendrai à te jouer de nous.
LA COMTESSE
Laissez-le, Timante ; il vaut mieux voir comme il se tirera d'affaire.
TIMANTE
Je le veux, puisque vous le voulez.
FRONTIN
Oh! monsieur, c'est, vous dis-je, quelque grand prodige , assurément. N'a-t-on pas vu mille fois des choses surprenantes annoncer des événements extraordinaires? Qui sait si ce n'est pas
24o LE MUET
quelque avis du ciel pour nos affaires? la mort
de votre père, la guerre de...
TiMANTE, l'interrompant.
L'impudent !
FRO> TI>'
Oh ! monsieur, si c'ëtoit la première fois qu'un muet eût parlé, je ne saurois que dire ; mais n'avez-vous pas lu l'histoire de ce roi qui avoit un fils ou une fille, n'importe, qui n' avoit jamais parle? Cen'étoitdoncpas une fille?... c'étoit donc un fils?
TIMA>TE.
Quel coq-à-l'àne nous vient-il faire, ce coquin ?
Attendez jusqu'au bout, (à la comtesse.) Ecoutez, madame; vous allez entendre un beau trait d'histoire , et qui est fort à propos. Ce roi avoit donc un fils qui ëtoit muet. Eh ! mon Dieu , comment s'appeloit ce roi ?