LE BARON, LE MARQUIS, FRONTIN
LE MARQUIS, ait bavon.
Quelle foiblesse de croire si légèrement!
LE BARON
Ah! marquis, si vous étiez son père, vous feriez comme moi.
FRONTIN, au marquis.
L'amour et les sorciers, monsieur, sont de terribles gens.
LE MARQUIS, au hafon.
Mais , avant que de se mettre de pareilles choses dans l'esprit, on examine bien.
LE BARON
Cela est tout examiné.
LE MARQUIS
Quoi! vous l'allez marier sans consulter vos amis?
LE BARON
J'ai consulté sur cela le plus grand homme du monde : demandez à Frontin.
FRONTIN
Grand homme, assurément.
LE BARON
Il n'y a pas de temps à perdre.
LE MARQUIS
J'ai des raisons qui m'obligent à ne vous presser pas davantage sur cela.
LE BARo>, a Frontin.
Frontin, as-tu revu le chevalier?
FRO>TIN
Oui, monsieur.
LE BARON
Eh bien! sa mélancolie?
FRONTI>'.
Elle continue toujours.
LE BARON
Le pauvre garçon !
FRONTIR.
Depuis tantôt, monsieur, elle a même un peu augmenté.
LE BARON
Augmenté ?
FRONTIN
Oui, monsieur, présentement il est presque sourd.
LE BARON
Cela n'est pas concevable.
LE MiLRQUIS.
Quelles chimères !
LE BARON
Ah! marquis, je l'ai vu moi-même ; il faut lui parler haut pour le faire entendre.