‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BruéysChapitre 170 sur 236 · LE BARON, LE MARQUIS, FRONTIN · texte numérisé non relu

LE BARON, LE MARQUIS, FRONTIN

LE MARQUIS, ait bavon.

Quelle foiblesse de croire si légèrement!

LE BARON

Ah! marquis, si vous étiez son père, vous feriez comme moi.

FRONTIN, au marquis.

L'amour et les sorciers, monsieur, sont de terribles gens.

LE MARQUIS, au hafon.

Mais , avant que de se mettre de pareilles choses dans l'esprit, on examine bien.

LE BARON

Cela est tout examiné.

LE MARQUIS

Quoi! vous l'allez marier sans consulter vos amis?

LE BARON

J'ai consulté sur cela le plus grand homme du monde : demandez à Frontin.

FRONTIN

Grand homme, assurément.

LE BARON

Il n'y a pas de temps à perdre.

LE MARQUIS

J'ai des raisons qui m'obligent à ne vous presser pas davantage sur cela.

LE BARo>, a Frontin.

Frontin, as-tu revu le chevalier?

FRO>TIN

Oui, monsieur.

LE BARON

Eh bien! sa mélancolie?

FRONTI>'.

Elle continue toujours.

LE BARON

Le pauvre garçon !

FRONTIR.

Depuis tantôt, monsieur, elle a même un peu augmenté.

LE BARON

Augmenté ?

FRONTIN

Oui, monsieur, présentement il est presque sourd.

LE BARON

Cela n'est pas concevable.

LE MiLRQUIS.

Quelles chimères !

LE BARON

Ah! marquis, je l'ai vu moi-même ; il faut lui parler haut pour le faire entendre.

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