ACTE V, SCÈNE XII
LE MARQUIS, prenant la chaîne d'or.
Donne-la moi ; voyons.
LE BAROX.
Vous auroit-il vole aussi?
Assure'ment.
LE MARQUIS, Cl part , examinant la chaîned'or. Que vois-je ? Je n'en puis plus douter.
LE BARO>-
Qu'est-ce donc?
LE MARQc is, rt 6'tmon.
Hélas î dis-moi, malheureux, comment te sauvas-tu du naufrage, lorsque ma fille périt? Je te reconnois : tu étois avec elle lorsque je l'envoyai à sa mère, qui étoit à Palerme; et j'avois donné cette chaîne d'or à sa nourrice espagnole.
SIMO
Monsieur, je vous demande pardon ; votre fille ne périt point ; nous la sauvâmes : nous fûmes pris par des corsaires, eximontrant le capitaine) le lendemain monsieur nous reprit sur les côtes d'Espagne.
LE MARQUIS, au baron.
Ah ! baron !
LE CAPITAINE
Voilà assurément la même fille qui tomba alors
272 LE MLET.
entre mes- mains; il y aura justemeni i eize ans
le mois prochain.
z AIDE , rt part. Ah, ciel!
LE BARON, à part.
Qu'entends-je !
LE MARQUIS, à Zdide.
Ah 1 Zaïde, vous êtes ma fille ! Ce que monsieur me dit, le temps de votre prise , la nourrice espagnole , Simon que voilà , cette chaine que je reconnois, tout me le confirme, et, plus que tout encore, les secrets mouvements de la nature qui s'élèvent au fond de mon cœur. Zaïde, vous êtes ma fille !
ZAÏnE , « part.
Quel bonheur pour moi ;
FRO>Ti>-, a part.
Et pour moi encore plus grand.
MARINE
Tu as été' plus heureux que sage.
LE CHEVALIER, à part.
Juste ciel !
LE BARON, au marquis.
Ah ! marquis , le ciel a fait ce miracle pour une alliance que nous avons tant souhaitée.