ACTE 1, SCENE III. a6i
M. PATELIÎf.
C'est que.... je.... je ne suis pas glorieux.
3jine PATELIX.
C'est que tu es un gueux ; et je viens d'apprendre que ta gueuserie rebute tous les partis qui se présentent pour notre fille.
M. PATELIN
Vous avez raison ; le monde juge des gens par les habits. J'avoue que ceux que je porte font tort à Henriette, et j'ai fait dessein de me mettre aujourd'hui un peu proprement.
M™e PATELIN.
Toi, proprement! Et avec quoi?
M. PATELIN, voulant s'en aller.
Ne t'en mets pas en peine. Adieu.
Mme PATELIN, l'arrêtant.
Et où allez-vous , s'il vous plaît ?
y\. PATELIN.
Je vais m'acheter un habit de drap.
Aime PATELIN.
Sans avoir un sou, acheter un habit?
M. PATELIN
Oui. De quelle couleur me conseilles-tu de le prendre ? gris de fer, ou gris de more ?
Bjme PATELIN.
Eh ! prends-le comme tu povirras, si tu trouves quelqu'un assez sot pour te le donner. Je vais
nS2 L'AVOCAT PATELIN.
parler à Heuriette : je viens d'apprendre de cer^
taines choses qui ne me plaisent guère.
M. PATELIN
Si l'on me demande, je serai ici, à la boutique de notre voisin.
[Madame Patelin rentre.^