ACTE I, SCENE II
COLETTE
Eh ! c'est , madame , que monsieur votre ëpoux lui donne....
Mme pATELi>-, l'interrompant.
Mon époux ! il n'a pas de quoi se yêtir luimême.
M. PATELi:^, h part.
Il est vrai.
M™e PATELIN, à Colette. Je te chasserai , et tu ne te marieras point avec Agnelet, ton fiancé, si tu ne me dis la chose comme elle est.
COLETTE
Peste, madame! il faut vous la dire, Valère, le fils unique de monsieur Guillaume, ce riche marchand drapier qui demeure là , est amoureux de mademoiselle Henriette, et il lui fait des présents de temps en temps.
M. V À.T ELIS , à part.
Ma fille puise donc dans la boutique où j'ai dessein d'aller ?
M™e PATELIN, h Colette.
Mais où prend Valère de quoi faire ces présents? son père est un riche brutal qui ne lui donne rien.
COLETTE
Oh! madame, quand les pères ne donnent
rien aux enfants, les enfants les volent : cela est dans l'ordre. Et Valère fait comme les autres : c'est la règle.
Mine PATELIN.
Mais que ne fait-il demander ma fille en mariage ?
COLETTE
Il Tauroit fait aussi ; mais il craint que son père n'y veuille pas consentir, à cause, ne vous déplaise , que notre monsieur va toujours mal vêtu : cela fait mal juger de ses affaires. M. PATELIN, <7 part.
C'est à quoi je vais donner ordre.
M™e PATELIN, à Colette.
J'entends quelqu'un : retire-toi.
( Colette rentre.^