‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BruéysChapitre 20 sur 236 · ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII

vous en avez un qui empoisonne toute la douceur de la vie, et qui peut-être e^t plus incommode dans la société que tous les autres : car enfin on peut, au moins, vivre quelquefois en paix avec un fourbe, un avare et un menteur; mais on n'a jamais un seul moment de repos avec ceux que leur malheureux tempérament porte a être toujours fâchés; qu'un rien met en colère, et qui se font un triste plaisir de gronder et de criailler sans cesse.

M. Cr.ICHARD.

Aurez-vous bientôt achevé de moraliser ? Je commence à m'échauffer beaucoup.

ARISTE

Je le veux bien , mon frère ; laissons ces contestations. On dit aujourd'hui que vous vous mariez.

M. GRICHARn.

On dit! on dit! De quoi se~mcle-t-on? Je voudrois bien savoir qui sont ces gcns-là!

Ce sont des gens qui y prennent intérêt.

M. GRICHARn.

Je n'en ai que faire, moi. liC monde n'est rempli que de ces preneurs d'intérêt , qui, dans le fond, ne se soucient non plus de nous que de Jean de Vert.

ARIST E

Oh ! il n'y a pas moyen de vous parler.

M. GRlCHARn.

Jl faut donc se taire.

Mais, pour votre bien, on auroit des choses .x vous dire.

M. G RICHARD

Il faut donc parler.

ARISTE

Vous étiez hierdans le dessein de marier avantageusement vos enfants?

Page 1