ACTE tll, SCÈNE II
M. BARTOLIN.
Dem eurez, vous dis-j e . Je veux, au moins, avoir un avocat à mon audience. Si vous sortez, je vous raye de la matricule.
M. PATELIN, rt part, se cachant la figure
avec son mouchoir.
Cachons-nous du mieux que nous pourrons.
M. BARTOLis, rt M. Guillaume.
Monsieur Guillaume , vous êtes le demandeui ; parlez.
M. GUILLAUME
Vous saurez, monsieur, que ce maraud-là...
M. EARTOLi>", iinterrompa77t.
Point d'injures.
M. GUILLAUME
Eh bien! que ce voleur...
M. BARTOLiN, l'interrompant.
Appelez-le par son nom, ou celui de sa profession.
M. GUILLAUME
Tant y a, vous dis-je , monsieur, que ce scélérat de bercer m'a volé six-vingts moutons.
M. PATELIN
Cela n'est point prouvé.
M. BARTOLI>
Qu'avez-vous , avocat ?
.H26 L'AVOCAT PATELIX.
M. PATliLlX.
Un grand mal aux dents.
M. BARTOLIN.
Tant pis; continuez.
M. GCILLA13ME, rt paît.
Parbleu! cet avocat ressemble un peu à celui de mes six aunes de drap.
M. BARTOLl>'.
Quelle preuve avez-vous de ce vol ?
M. GUILLAUME
Quelle preuve! Je lui vendis hier... Je lui ai baillé en garde six aunes... six cents moutons, et je n'en trouve à mon troupeau que quatre cents quatre-vingts.
M. PATELIN
Je nie ce fait.
M. GUILLAUME, à pa»f.
Ma foi, si je ne venois de voir l'autre dans la rêverie, je croii'ois que voilà mon homme.
M. EAKTOLIN.
Laissez là votre homme, et prouvez le fait.
M. GUILLAUME
Je le prouve par mon drap... je veux dire par mon livre de compte. Que sont devenues les six aunes... les six-vingts moutons qui manquent à