ACTE III, SCENE II
M. PATEL1>.
ILs sont morts de la clavelée.
M. GUILLAUME
Têtebleu! je crois que c'est lui-même.
M. B.ARTOLIN.
On ne nie pas que ce ne soit lui-même. Non est quœstio de persona. On vous dit que vos moutons sont morts de la clavelée. Que rcpondez-vous à cela?
M. GUILLAUME
Je réponds, sauf votre respect , que cela est faux; qu'il emporta sous... qu'il les a tués pour les vendre, et qu'hier moi-même... {àpart.^ Oh ! c'est lui... (rt M. -Barto/in.) Oui, je lui vendis six... six... je le trouvai sur le fait, tuant de nuit un mouton.
M, PATELIN, à M. Bartolin.
Pure invention, monsieur, pour s'excuser des coups qu'il a donnés à ce pauvre berger, qui, au sortir d'ici , comme je vous ai dit , va se faire trépaner.
M. GUILLAUME, à M. ^rt?-fo/«n.
Parbleu! monsieur le juge, il n'est rien de plus véritable; c'est lui-même. Oui, il emporta hier de chez moi six aunes de drap , et ce matin , au lieu de me payer trente écus...
M. B.VRT0LI3f.
Que diantre font ici six aunes de drap ettrente ëcus? Il est, ce me semble, question de moutons volés ?
M. GUILLAUME
11 est vrai, monsieur, c'est une autre affaire ; mais nous y viendrons après. Je ne me trompe pourtant point. Vous saurez donc que je m'étois cache dans la bergerie... (àpart.)Oh\ c'est lui très assurément, (à 3I.Bartolin.)Je m'étois donc caché dans la bergerie ; je vis venir ce drôle ; il s'assit là; il prit un gros mouton... et... avec de belles paroles, il fit si bien qu'il m'emporta six aunes...
M. B.VRTOLIN.
Six aunes de moutons?
M. GUILLAUME
Non; de drap, lui... Maugrebleu de l'homme!
M. BARTOLI>'
Laissez là ce drap et cet homme, et revenez à vos moutons.
M. GUILLAUME
J'y reviens. Ce drôle donc , ayant tiré de sa poche son couteau... je veux dire mon drap... non ; je dis bien, son couteau... il... il... il... il... le mit comme ceci sous sa robe, et l'emporta chez lui ; et ce matin, au lieu de me payer mes trente écus, il me nie drap et argent.