SCÈNE IX
M. B.\RTOLIN, M. PATELIN, COLETTE.
M. BARTOLIN, h AI. Patelin.
Non, de ma vie, je n'ai vu une tête d'homme comme celle-là; les coups ou le tre'pan l'ont entièrement défigurée: elle n'a pas seulement la figure humaine, et je n'ai pu la voir un moment sans en détourner la vue.
co Li£.TTE.ffeig)iant de pleurer.
Ah! ah! ah!
M. PATELIN, à M. BaHolin.
Que je plains le pauvre monsieur Guillaume ! c'étoit un bon homme; il y avoit plaisir à avoir affaire avec lui.
M. BARTOL IN.
Je le plains aussi; mais que faire? voilà un homme mort, et sa fiancée qui me demande justice.
M. PATELIN, a Colette.
Colette, que te servira de le faire pendre? Ne vaudroit-il pas mieux pour toi...
COLETTE, l'inteirompant.
Hélas! monsieur, je ne suis ni intéressée, ni vindicative, et s'il y avoit quelque expédient honnête... Vous savez combien j'aime ma maîtresse,
votre fille, qui est filleule de monsieur ( montrant M. Bartolin.)
M. BA.RTOLIN.
Ma filleule! Eh bien! quel intérêt a-t-elle à tout ceci?
COLETTE
Valère, monsieur, le fils unique de monsieur Guillaume,en est amoureux et désire de l'e'pouser. Son père refuse d'y consentir : vous êtes si habiles l'un et l'autre! voyez s'il n'y auroit pas là quelque expédient, afin que tout le monde fût content.
M. 13 .\RTOLI>', à 3/. Pate/tn.
Oui, il faut que cette fille se de'porte de sa poursuite, à condition que monsieur Guillaume consentira à ce mariage.
COLETTE
Que cela est bien imaginé !
M. PATELIN, à 3f. Bartotiti.
C'est prendre les voies de la douceur.
M. BARTOLIN.
Avant que de le mettre en prison , on doit me l'amener : il faut que je lui en parle moi-même. Mais y consentez-vous , monsieur Patelin ?
M. PATELIN
Eh !.. je n'avois pas encore fait dessein de marier ma fille.. ..Cependant.... pour sauver la vie à