LOI, IV E
Achevez, s'il vous plaît.
M. GRICHARD, achevant de lire.
"Et si vous m'aimez, vous apprendrez de lu»
«< la bourrée. Clarice. » (à part , après avoir ht.)
Labourrée!...moi, la bourrée!... (à Lolive , avec
colère.) Monsieur le premier homme du monde,
savez -vous bien que vous risquez beaucoup
ici?
LOLIVE.
Allons, monsieur, dans un quart d'heure vous la danserez à miracle.
M. GRICHARD, redoublant Sa colère.
Monsieur Rigodon ! je vous ferai jeter par les fenêtres, si j'appelle mes domestiques.
CATAU, bas, h M. Grichard.
Il ne failoit pas les chasser.
fcOLiVE,rt7^/. Grichard , en faisant siy ne au prévôt de jouer du violon.
Allons, gai! Ce petit prélude vous mettra en humeur. Faut -il vous tenir par la main, ou si vous avez quelques principes?
M. GRICHARD, portant sa colère h V extrémité , et montrant le violon.
Si vous ne faites enfermer ce maudit violon, je TOUS arracherai les yeux !
Parbleu! monsieur, puisque vous le preno? sur ce ton-là, vous danserez tout-à-l'heure.
M. G RICHARD
Oui, morbleu! vous danserez. J'ai ordre de Clarice de vous faire danser; elle m'a payé pour cela; et, ventrebleu! vous danserez, (au prévôt.) Empêche, toi, qu'il ne sorte. (// tire son épée y qu'il met S0Û5 son bras.)
M. GRICHARB, à part.
Ah! je suis mort. Quel enragé d'homme m'a envoyé cette folle !
CATAD, plaçant M. Grichard a un coin du théâtre.
Je vois bien qu'il faut que je m'en mêle. Tenezvous là, monsieur : laissez-moi lui parler. (« Lolive. ) Monsieur, faites-nous la grâce d'aller dire à monsieur de Saint-Alvar...
LOLIVE, l'interrompant.
Ce n'est pas lui qui nous a fait venir ici. [montrant M. Grichard.) Je veux qu'il danse.
M. G RIC H AT. T), rt ;?arf.
Ah! le bourreau! le bourreau!
CATAu, à Lolive.
Considérez, s'il vous plait , que monsieur est un homme grave.
LOLIVE.
Je veux qu'il danse.
Un fameux médecin
LOLIVE.
Je veux qu'il danse.
CATAU
Vous pourriez devenir malade, et eu avoir besoin.
M. G RICHARD, tirant Catuu Cl lui .
Oui; dis-lui que, quand il voudra, sans qu'il lui en coûte rien, je le ferai saigner et purger tout son soûl.
( Catau va auprès de Lolive. )
LOLIVE.
Je n'en ai que faire. Je veux qu'il danse, ou , morbleu...
ji. GRicnARD,à part.
Le bourreau!
CATAU, à M. Grichard, revenant auprès de lui.
Monsieur, il n'y a rien à faire : cet enragé n'entend point raison. Il arrivera ici quelque malheur ; nous sommes seuls au logis.
M. GRICHARD.
Il est vrai.
CATAU, lui montrant Lolive.
Regardez un peu ce drùle-là ; il a une méchante physionomie !
M. GRICHARD, lercgardaut de côté, en tremblant.
Oui; il a les yeux hagards.