‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BruéysChapitre 52 sur 236 · LOI, IV E · texte numérisé non relu

LOI, IV E

Achevez, s'il vous plaît.

M. GRICHARD, achevant de lire.

"Et si vous m'aimez, vous apprendrez de lu»

«< la bourrée. Clarice. » (à part , après avoir ht.)

Labourrée!...moi, la bourrée!... (à Lolive , avec

colère.) Monsieur le premier homme du monde,

savez -vous bien que vous risquez beaucoup

ici?

LOLIVE.

Allons, monsieur, dans un quart d'heure vous la danserez à miracle.

M. GRICHARD, redoublant Sa colère.

Monsieur Rigodon ! je vous ferai jeter par les fenêtres, si j'appelle mes domestiques.

CATAU, bas, h M. Grichard.

Il ne failoit pas les chasser.

fcOLiVE,rt7^/. Grichard , en faisant siy ne au prévôt de jouer du violon.

Allons, gai! Ce petit prélude vous mettra en humeur. Faut -il vous tenir par la main, ou si vous avez quelques principes?

M. GRICHARD, portant sa colère h V extrémité , et montrant le violon.

Si vous ne faites enfermer ce maudit violon, je TOUS arracherai les yeux !

Parbleu! monsieur, puisque vous le preno? sur ce ton-là, vous danserez tout-à-l'heure.

M. G RICHARD

Oui, morbleu! vous danserez. J'ai ordre de Clarice de vous faire danser; elle m'a payé pour cela; et, ventrebleu! vous danserez, (au prévôt.) Empêche, toi, qu'il ne sorte. (// tire son épée y qu'il met S0Û5 son bras.)

M. GRICHARB, à part.

Ah! je suis mort. Quel enragé d'homme m'a envoyé cette folle !

CATAD, plaçant M. Grichard a un coin du théâtre.

Je vois bien qu'il faut que je m'en mêle. Tenezvous là, monsieur : laissez-moi lui parler. (« Lolive. ) Monsieur, faites-nous la grâce d'aller dire à monsieur de Saint-Alvar...

LOLIVE, l'interrompant.

Ce n'est pas lui qui nous a fait venir ici. [montrant M. Grichard.) Je veux qu'il danse.

M. G RIC H AT. T), rt ;?arf.

Ah! le bourreau! le bourreau!

CATAu, à Lolive.

Considérez, s'il vous plait , que monsieur est un homme grave.

LOLIVE.

Je veux qu'il danse.

Un fameux médecin

LOLIVE.

Je veux qu'il danse.

CATAU

Vous pourriez devenir malade, et eu avoir besoin.

M. G RICHARD, tirant Catuu Cl lui .

Oui; dis-lui que, quand il voudra, sans qu'il lui en coûte rien, je le ferai saigner et purger tout son soûl.

( Catau va auprès de Lolive. )

LOLIVE.

Je n'en ai que faire. Je veux qu'il danse, ou , morbleu...

ji. GRicnARD,à part.

Le bourreau!

CATAU, à M. Grichard, revenant auprès de lui.

Monsieur, il n'y a rien à faire : cet enragé n'entend point raison. Il arrivera ici quelque malheur ; nous sommes seuls au logis.

M. GRICHARD.

Il est vrai.

CATAU, lui montrant Lolive.

Regardez un peu ce drùle-là ; il a une méchante physionomie !

M. GRICHARD, lercgardaut de côté, en tremblant.

Oui; il a les yeux hagards.

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