ACTE II, SCÈNE XXIII
LOLIVE.
Se dépêchera-t-on?
M. GRICHARD.
Au secours ! voisins , au secours !
Bon! au secours! Eh! ne savez-vous pas que tous vos voisins vous verront voler et égorger avec plaisir ? Croyez-moi , monsieur , deux pas de bourrée vous sauveront peut-être la vie.
Mf GRICHARD.
Mais! si on le sait, je passerai pour fou.
CATAU
L'amour excuse toutes les folies; et j'ai ouï dire à monsieur Mamurra que lorsque Hercule étoit amoureux, il fila pour la reine Omphale.
M. GRICHARD.
Oui , Hercule fila ; mais Hercule ne dansa pas la bourrée, et de toutes les danses, c'est celle que je hais le plus.
CATAU
Eh bien! il faut le dire; monsieur vous en montrera une autre.
L o L I v E , rt M. G ricli a rd.
Oui-dà, monsieur. Voulez-vous les menuets?
M. GRICHARD.
Les menuets? Non.
76 LE GRONDEUn.
LOLIVE.
La gavotte?
M. GRICIIAUD.
La gavotte? Non.
Le passe-pied?
M. GRICHARD.
Le passe-pied ? Non.
LOLIVE.
Eh ! quoi donc ? Tracanas, tricottez , rigodons ? En voilà à choisir.
M. GRICHARD.
Non, non, non; je ne vois rien là qui m'accommode.
LOLIVE.
Vous voulez peut-être une danse grave et se'rieuse.
M. GRICHARD.
Oui , sérieuse , s'il en est ; mais bien sérieuse.
LOLIVE.
Eh bien! la courante, la booane, la sarabande?
M. GRICHARD.
Non, non, non.
LOLIVE.
Oh ! que diantre voulez-vous donc ? Demande vous-même; mais hâtez-vous, ou, par la mort..
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