ACTE III, SCENE X
CATAU
C'est ce que je lui ai dit. Il m'a répondu que cela ëtoit bon pour ceux qui vont en Flandre , en Piémont, ou en Allemagne; mais que, pour lui, il lui étoit permis d'enrôler de jeunes garçons.
M. GRICHARD.
De jeunes garçons? le traître ' c A T A u.
Oui, monsieur: il a ordre, à ce qu'il dit, de les mener si loin, si loin, qu'avant qu'ils y soient arrivés, ils auront tous de la barbe.
M. GRICHARD.
Comment diantre ! et où les mène-t-il ?
c AT A c , lui donnant une carte.
Tenez, monsieur, de peur de l'oublier, je me le suis fait écrire sur cette carte ; voyez. M. GRICHARD, lisant.
A... à Madagascar... Brillon à ^Madagascar !
Ils disent, monsieur, que ce n'est pas loin de l'autre monde.
ARiST~F.,à M. Grichard.
C'est sans doute, mon frère, pour cette colonie dont vous avez ouï parler? Voilà un garçon perdu !
GATAIT, h M, Grichard.
Hélas! monsieur, je viens de voir ce pauvre en-
fant; on l'a déjà habillé de vert, avec un bonnet à la dragonne; (en riant) et... et on lui a fait apprendre à jouer du tambour... Tenez, monsieur, cela fait rire et pleurer.
M. G RICHARD
Et où loge ee maudit capitaine , que je lui aille laver la tête ?
CATAU
II ne loge point, il campe toujours.
M. GRICHARD.
Viens; mène-moi oti tu l'as vu: il faut que j'aille trouver ce turc; et que...
CATAU, V interrompant.
Gardez-vous-en bien!
M. GRICUARD.
Gomment? coquine!
Eh bien! monsieur, vous pouvez y aller; mais je vous avertis, au moins, de faire votre testament, et de prendre congé de vos malades.
M. GRICHARD.
Qu'est-ce à dire?
CATAU
G'est-à-dire , monsieur, que ce capitaine cherche par-tout des médecins pour les mener en ce pays-là.