‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 104 sur 207 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HYPERMNESTRE, LYNCÉE

lyncée.

Enfin, belle Ilypeininestre, il luit ce jour heureux Où l'hymen dans Argos va couronner mes vœux. Je tremble cependant, et ma flamme inquiète N'e me laisse goûter qu'une joie imparfaite: Trop d'infortune est jointe à ma félicité, Si je ne dois ici voire main qu'au traité, Si votre arae à nos nœuds refuse de souscrire, Et s'irrite ou gémit du bonheur où j'aspire.

Moi ! m'alarmer, seigneur ! Non ; mes vœux sont remplis :

jVos pères en ce jour sont enfin réunis:

Le trône , de la paix dans Argo^ ramenée ,

S'élève et s'affermit sur l'iiutel d'iiyménée.

C'est peu du bien public, né de ce calme heureux;

Je sais vous estimer, puis-je craindre nos nœuds?

i44 HYPEIiMNESTRE.

LYNCÉE

Quoi ! vous auriez, madame, oublié tant d'alarmes? Je pourrois à vos yeux ne point coûter de larmes? Vous ne m'imputez point ce ravajje odieux Que mon bras fut contraint d'exercer en ces lieux? En vous tyrannisant j'aurai pu trouver grâce? Dp quelle inquiétude à quel calme je passe! Ali! si ce même instant, madame, où votre cœur Sans crainte et sans courroux consent à mon bonheur. D'un sort plus doux encore étoit l'heureux présage. Si, quand je vous consacre un éternel hommage, Plein du plus tendre amour mon cœur s'osoit Hatter Qu'un jour... Vos yeux sur moi craignent de s'arrêter; Vous laissez-vous toucher à l'amour de Lyncée? Hélas! de son espoir seriez- vous offensée? Ai-je osé trop permettre à mes vœux abusés? Je vous vois interdite... Eh quoi ! vous vous taisez?

HVPER.MNESTRE.

Souvent on cache un feu qu'on avoueroit sans honte.

LYNCÉE

Mypermnestre !

HYPERM-NESTRE.

Seigneur, ah! peut-être trop prompte..

Mais non , vous-même ici venez de m'arracher L'aveu d'un sentiment que je n'ai pu cacher. Ma tendresse a paru, mon anie s'est montrée Tout entière à vos yeux, se croyant pénétrée: Je ne m'en repens point.

O ciel! qu'ai-je entendu!

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