ACTE I, SCKNE IV. i
Sans peine à l'éloigner ainsi j'ai réussi; Mais je l'écarté, Idas, pour l'aqcabler ici, Pour pouvoir, lui cachant ma fureur vengeresse, Le frapper à loisir dans ses fils qu'il me laisse. L'hymeu n'aura pour eux que funèbres flambeaux, Et leurs lits, cette nuit, vont être leurs tombeaux.
IDAS.
Je frémis à- la-fois pour eux et pour vous-même. Eh ! pouvez- vous, seigneur, sans un péril extrême...?
DAXAUS.
Tu vas être étonné. Je ne puis, cher Idas, Donner, sans m'exposer, l'ordre de leur trépas. La force ouverte ici seroit trop dangereuse; D'assassins trop nombreux la foi seroit douteuse; Les traits qu'il faut lancer retomberoient sur moi. Pour préparer mes coups, pour frapper sans effroi , J'ai des ressorts plus prompts, j'ai de plus sûres trames: Contre tous ces époux j'arme en secret leurs femmes. Eh ! quelle joie, Idas, et quel triomphe heureux De les livrer aux mains qu'ils forcent à ces nœuds! Quel plaisir de punir leur audace effrénée. En renversant sur eux les autels d'hyménée ! D'Kgyptus c'est ainsi qu'on me verra vengé, Et si ce n'est en roi, c'est en frère outragé.
IDAS.
Mais, seigneur, à vos vœux si vos filles rebelles Traversoient vos projets...
DAXAUS.
Elles seront fidèles.
Toutes, hors Hypermnestre, ont appris mon dessein,
ij4 hypermnestre.
Embrassent ma vengeance, et m'ont promis leur main D'avance à tous ces nœuds leur cœur étoit contrairo: Elles saivront leur haine autant (|ue ma colère. Mais connois un jirojet où tu vas me ser\ir: I-eur haine éloit trop peu pour me les asservir, Trop peu poui- m'assurer de leur obéissance ; Ces préjugés iChymen , trahissant ma vengeance, Au moment de frapper pouvoient glacer leur main. Sans vous, leur ai-je dit, un oracle certain Condamne votre père à périr par un gendre ; Vous seules du trépas vous pouvez me défendre: Qui vous tlonua le jour doit le tenir de vous; Choisissez entre un père et d'odieux époux. Je leur ai ])eint ces coups cruels , mais légitimes; J'ai plaint leur sort, le mien, et jusqu'à mes victimes; Enfin , ai-je ajouté, mes jours sont à ce prix. Alors l'incertitude a quitté leurs esprits, Et je leur ai soudain distribué sans peine Tous les poignards vengeurs aiguisés par la haine. D'aucun secret remords loin d'être combattu. Leur cœur se fait du meurtre un acte de vertu. Iilas, pour rompre ainsi les nœuds de deux familles, .J'ai le peuple à tromper encor plus que mes filles. Signale ici ton zèle : un fourbe sert mes vœux. Il m'a vendu sa voix, son honneur et ses dieux. Songe à le seconder, et que demain l'on dise: Danaiis s'est vengé, mais le ciel l'autorise. Ce n'est pas sans rougir qu'aux, yeux des nations Je paroîtrai soumis aux superstitions; Mais mon coeur sacrifie, aux haines qu'il renferme ,