‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 119 sur 207 · ACTE II, SCÈNE II. i6s · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. i6s

L'image du malheur, l'ardeur d'y mettre obstacle, L'effroi, le trouble aveugle, une autre illusion Créa révénement pour la prédiction.

Non, non, n'en doutez point, sans la foiblesse humaine, Et toujours curieuse et toujours incertaine , Ces oracles menteurs languiroient sans crédit : La foiblesse consulte, et la crainte accomplit. C'est trop vous arrêter : qu'il paroisse à ma vue Ce fourbe, dont la langue au mensonge vendue Veut, en prenant sur vous ce funeste ascendant, Paroitre vous servir en vous intimidant, Qui fait sortir ici la haine de ses cendres. Qui veut par le beau-père assassiner les gendres, Qui vous croit, pour les perdre, assez foible et cruel , Qui, supposant le crime, est lui seul criminel. Oui, je le confondrai; craignez, mais de le croire, Mais de suivre un dessein qui souille votre gloire. Mais d'armer contre vous par tant de cruautés Et la nature entière et les dieux irrités. D A .\ A u s.

C'est trop de résistance, et ma bonté se lasse :

L'amour, je le vois trop, te porte à tant d'audace;

Ce lâche amour lui seul t'a rendue à-la-fois

Dénaturée, impie et rebelle à mes lois.

C'est assez; tes refus m'ont dicté ma conduite.

Il te tarde déjà que ton père te quitte.

Tu brûles de sauver un proscrit odieux ;

Mais ou va tobserver, j'aurai par-tout les yeur..

Je sais ce que je dois ordonner de Lyncée;

Tremble pour lui, pour toi, crains ta flamme insen.sée;

i66 HYPERMNESTRE.

Redoute d'autant plus mou courroux inquiet . Que je t'ai vainement confié mon secret... Ecoute : je conserve un reste d'indulgence; Tout libre qu'est Lyncée,il est en ma puissance; Tu me déiohéis sans sauver ton époux; Tu peux fléchir encor ma colère : résous; Je te laisse y penser.

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